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Revue #2 : Etat des lieux de l’industrialisation du déploiement de l’IA en France.

Mis à jour : juin 18

C'est de façon entièrement virtuel cette année que l’on a retrouvé le SIA 2021, le Salon de l’Intelligence Artificielle, qui s’est déroulé le 16 et 17 juin 2021. L’occasion parfaite d’assister à des conférences, de se balader de stands en stands et de trouver des conseillers avec qui dialoguer, tout en découvrant du contenu un peu partout sur cette plateforme numérique.


La conférence inaugurale, qui a eu lieu mardi 16 juin matin, a été animée par Stéphane Roder, spécialiste de l’IA et CEO de l’entreprise Ai builders.



“Depuis 2 ans, on constate que la plupart des entreprises françaises ont pris conscience de l’apport de l’intelligence artificielle, d’une part sur la performance de l’entreprise et d’autre part sur leur pérennité. “ commence par expliquer Stéphane Roder.

On est dans un monde mondialisé, la compétition est partout, et il faut comprendre qu’il y a vraiment des enjeux autour du maintien de la performance.

En effet, dès qu'une entreprise installe l’IA, elle fait baisser ses coûts de production, elle augmente sa marge. Elle est également capable de se différencier des prix et là où l'on rentre dans des problématiques de pérennité, c'est-à -dire des problématiques sur la durée de vie de l’entreprise. On parle de mode totalement industriel de l’intelligence artificielle parce que les solutions sont présentes et déployées à grande échelle, plus besoin de les essayer, on connaît très bien leurs performances.


“Techniquement, il n’y a donc plus matière à essayer, il faut faire, il faut utiliser.” a martelé Stéphane Roder tout au long de la conférence.

Il y a 30% des entreprises qui n’ont pas pris conscience de l’importance d’utiliser l’IA dans leur entreprise, se positionnant en “followers”. En réalité, ces dernières semblent attendre que les autres entreprises fassent le premier pas dans ce vaste domaine qu’est l’IA, entraînant assurément un problème de pérennité dans la durée. Effectivement, au moment où ils vont intégrer l’IA, les autres entreprises auront fini leur transformation digitale, et leur coût et structure de coût seront alors totalement différents. “Ils se retrouveront face à des acteurs totalement transformés, et ça va aller très vite.”.


Aujourd'hui, cette prise de conscience sur l’apport de l’IA est importante, mais, il faut plus globalement prendre conscience que l’IA va au-delà de la technologie, visant la pérennité de l’entreprise.


Quelle est la nécessité de disposer d’une stratégie Data et IA ?

On est à un moment où les directions générales ont pris conscience de l’enjeux de l'intégration de la data et de l’IA dans leur processus et dans leur métier. On est effectivement à un moment où elles demandent à leur organisation de mettre en œuvre des stratégies, des visions à long et moyen terme, de ce qu’elles vont faire de cette technologie.

On voit donc se mettre en place une demande globale et une vision classique qui nécessite des schémas directeurs, c'est-à- dire regarder l’ensemble de l’entreprise sous un nouveau prisme, ce dernier étant l'augmentation de la performance.


Quel type de performance peut-on attendre de l’IA ?

“L’IA, quand elle est mise au bon endroit, quand elle est bien évoluée, bien qualifiée, permet d’apporter de la performance.” affirme Stéphane Roder.


Prenons l’exemple de Vekia, la solution française pour simplifier la gestion des stocks grâce à la solution Supply Chain. Selon le site Mecalux, la Supply Chain (chaîne logistique), est “le processus qui est généré lorsqu’un client passe une commande jusqu’à ce que le produit ou le service soit livré et payé. Par conséquent, la Supply Chain comprend la planification, l’exécution et le contrôle de toutes les activités liées aux flux de matériaux et d’informations, à l’achat de matières premières, à la transformation intermédiaire du produit ainsi qu’à la livraison au client final.”


Vekia a par exemple travaillé avec Leroy Merlin, lui permettant d’optimiser ses stocks de 8%, ce qui équivaut à 60 millions d’euros. “La solution est énorme, pour très peu d’investissement finalement.”, fait remarquer Stéphane Roder.



Quelle organisation pour bénéficier de tout le potentiel de l’IA ?

Quand Ai Builder est arrivé sur le marché il y a deux ans, Stéphane Roder voyait les entreprises lui dire qu’ils utilisaient l’IA partout, mais seulement sous forme de chatbot, ce dernier n’était pas forcément en lien avec les objectifs de l’entreprise. “Cela ne sert à rien de mettre de l’IA n’importe où”, il faut en effet que ce soit en relation, il faut apporter une vision macroéconomique de cette nouvelle transformation digitale.

Il y a, de plus, des nouvelles problématiques d’organisation, puisque de nouveaux profils sont introduits, et il faut savoir les introduire.

Par exemple, il y avait avant des directeurs de systèmes d’information, qui sont toujours là, et des directeurs de la performance. Maintenant, il y a des CDO, Chief Data Officer, qui sont au cœur de la stratégie digitale et qui ont pour mission principale de trier les données recueillies par une entreprise, pour ensuite en faire des analyses pertinentes permettant de guider les axes stratégiques à mettre en place. Il est chargé de repérer des choix vraiment stratégiques, savoir si on transforme tel processus, savoir si on crée de nouvelles offres, parce que notre univers compétitif est en train de changer.


Il y a un fort risque de rencontrer des problèmes stratégiques, parce que l’IA permet de faire des recommandations, en utilisant la data de l’entreprise mais aussi la data des clients.

Prenons l’exemple du web, qui a créé de la réintermédiation, c’est-à-dire l’apparition de nouveaux intermédiaires du commerce sur un nouveau canal. Si l’entreprise, elle-même, n'est pas dans la recommandation que l’IA va faire à ses clients, elle va être effacée. Un exemple illustrant parfaitement ce point serait ici l’exemple des hôtels sans booking.


L'arrivée de ces profils va êtres un vrai changement pour l’entreprise, qui ne vont pas rester longtemps, peut être une dizaine d’année, mais qui sont nécessaire. Et autour de ses profils, il faut mettre en place des organisations spécifiques.

Les chefs de projets doivent comprendre la stratégie de l’entreprise, mais aussi la Data science, et apprendre à travailler avec la DSI, c’est-à-dire la Direction des Systèmes d’Information. Cette dernière est donc la direction responsable du système d’information d’une entreprise, chargée de définir l’architecture du SI, ainsi que de le concevoir, le déployer et l’exploiter.


Il faut donc procéder à de l’acculturation et, c’est la même chose pour les métiers, qui vont voir apparaître des choses qui vont faire des recommandations. Ces métiers doivent comprendre que ces derniers viennent juste de statistiques, de l’historique obtenu et qui permettent de créer des recommandations sur des modèles statistiques.


Donc, tous ces changements doivent être entièrement accompagnés, que ce soit dans l’organisation, du CDO, de CDO office, de la DSI, de l'acculturation des métiers… “c’est un travail de fond qu’il y a à faire, pour éviter d’être confronté au rejet.”


Par rejet, on sous-entend que premièrement, si une entreprise ne met pas de CDO, tout le monde va y faire de l’IA, générant un blocage car la direction générale ne saura pas par quoi commencer et qui écouter. Pour éviter cela, il faut donc parler d’une seule voix et de façon structurée. C’est pareil pour les métiers qui vont directement rejeter l’IA s’il n’y a pas eu de formation, ou d’informations, car ils ne comprennent pas d’où sortent ses recommandations et s' ils peuvent réellement leur faire confiance.


Pourquoi faut-il passer de l'innovation au déploiement industriel de l’IA ?

“Cette technologie qu’est l’IA a été essayée un peu partout, maintenant il faut que toute les parties prenantes de l’entreprises soit prête et soit synchrones.” a répondu Stéphane Roder.


Au moment où l’on déploie un modèle, il faut qu’il y ait du data management, il faut que la donnée soit captée pour que tout ça fonctionne, il faut que la DCI soit en mesure de faire de la maintenance.

Par contre, oui, cela à un coût financier assez conséquent, mais le retour est tel que c’est une vraie opportunité pour l’entreprise.


“Quoi que vous puissiez en penser, vous n’y couperez pas” conclut Stéphane Roder.

Ces technologies sont arrivées à un moment de maturité, permettant à toute les entreprises françaises de s'équiper, et cette transformation digitale est en bonne voie, car la conscience est prise, “et si on est aujourd'hui ensemble, c’est aussi pour en discuter, c’est que vous avez montré un intérêt. Moi je suis la pour vous dire qu’on a tout pour le faire, donc maintenant, il faut le faire."


“Il est très important de se rappeler que la conclusion digitale est darwinienne, parce que ceux qui s'adapteront le plus vite, resteront. “


Vous pouvez retrouvez la conférence en replay sur youtube 👉: https://youtu.be/DIi7uThuY5Q



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