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CONF #6 : Big data, IA, sécurité numérique, quels enjeux économiques et technologiques pour Thales ?


Sébastien Guérémy, directeur stratégie de Thales Group, était l’invité du webinaire organisé par Toulouse is AI et Aerospace Valley le 17 septembre 2020. Ancien conseiller industrie et innovation auprès du ministère de l’Economie et des Finances, il a pris son poste en mars dernier en plein confinement et a été immédiatement confronté à des choix stratégiques et technologiques déterminants. Face à 200 personnes, chef.fes d’entreprises ou dirigeant.es des principales entreprises innovantes de Toulouse, il a fait le récit de ses premières semaines au sein du groupe international. Un témoignage précieux sur le management de l’innovation technologique en période de crise.

Priorité aux investissements pour l’innovation de rupture

« J’ai pris mes fonctions au moment de l’exercice annuel de programmation stratégique, le strategic business plan. Nous avons tout de suite décidé de réorienter cet exercice pour en faire un exercice « impact covid ». Thales Group est positionné sur 5 grands marchés qui sont impactés à des degrés divers : l’aéronautique, la défense, la sécurité, le transport terrestre et le spatial. Segment de marché par segment, nous avons fait l’analyse des impacts court terme ou moyen-long terme avant de dessiner nos premières décisions stratégiques. Notre objectif est que, dans un contexte financier tendu, nous puissions prioriser nos investissements. Couper les investissements dans l’innovation serait mortifère et impacterait notre avenir. C’est grâce à la diversité de ses marchés que Thales résiste à la crise et notre différenciation repose sur l’innovation technologique et l’innovation de rupture. »

En 2019, Thales Group (18 milliards d’euros de chifffres d’affaires et 80 000 collaborateurs) a investi 1 milliard d’euros en R&D.


L’impact de la crise sur Thales 

« Thales a annoncé en juillet une baisse de son chiffre d’affaires au 1er semestre de 5,4%. C’est une baisse significative mais qui ne reflète pas la situation des différentes activités. Nous avons redéfini des priorités notamment vers l’aéronautique et la sécurité numérique. Pour l’aéronautique qui est le marché le plus impacté, nous accélérons nos investissements sur les « opérations vertes » qui permettent une réduction de la consommation de carburant. Grâce à l’intelligence artificielle, notre but est de renforcer le lien entre « flight management system » et « air trafic management » pour permettre une moindre consommation pendant et après le vol.  De manière globale nous voulons être en pointe dans la réponse à l'urgence climatique, avec une réduction de 30% des émissions directes de Co2 depuis 10 ans et un objectif de réductions de 50% des émissions d'ici à 2030. »


Thales et la digitalisation de l’économie

Alors que la présidente de la Commission Européenne a annoncé le 16 septembre 2020 que 20% du plan de relance européen seraient fléchés sur la « digitalisation de l’économie », Sébastien Guérémy est très enthousiaste. Pour lui, « le numérique est devenu l’épine dorsale de nos vies, un constat confirmé et renforcé pendant la période de confinement. La digitalisation de l’économie est une opportunité. Elle reste une tendance long terme très porteuse et toutes nos activités de sécurité numérique (dont celles issues de l’intégration de Gemalto en 2019) sont très porteuses. »


La donnée, asset stratégique pour Thales

« Thales se définit comme un acteur de la décision critique, pour lequel le traitement de la donnée est primordial. Le big data est l’un de nos principaux enjeux de développement permettant de traiter de plus grosses quantités de données, d'en extraire l'information plus rapidement et d’améliorer ainsi la prise de décision. Nos efforts en matière de R&D et de transformation digitale s’orientent sur 4 technologies : le big data, l’intelligence artificielle, la cybersécurité et l’IoT. »


Thales très engagé pour l’intelligence artificielle

De très nombreux projets impliquant de l’IA sont en cours de développement dans les domaines de la santé où selon Sébastien Guérémy, « l’IA va apporter une vraie révolution » ainsi que dans le domaine de la défense. Thales a ainsi développé des algorithmes spécifiques aux missions militaires. Avec, Talios, un nouveau « pod » de reconnaissance qui permet d’embarquer de l’intelligence artificielle à bord du Rafale, on change complètement la mission du pilote, puisqu’il peut faire évoluer sa mission en cours de route. »


IA, les attentes à l’égard de la recherche

« Thales étant un acteur de la décision critique et celle-ci ne pouvant se permettre d’être erronée, nous avons besoin d’avoir une confiance absolue dans les algorithmes. Pour nous, l’enjeu principal est une intelligence artificielle de confiance, c’est-à-dire une IA capable de s’expliquer, d’être validée, parfois même d’être certifiée quand il y a, pour certains cas particuliers, des processus de certification. Nous travaillons sur tous ces enjeux, avec ANITI notamment, pour parvenir aux meilleurs systèmes de validation pour des fonctions complexes. »


La question du quantique

« Le quantique n’est pas encore un des quatre domaines d’expertise digitale et transformations majeures sur lesquelles nous misons (big data, intelligence artificielle, IOT et cybersécurité) mais il peut être vraiment transformant. Celui qui, dans nos domaines, lancera des capteurs quantiques, aura sur le marché une réelle suprématie ».

Cinq satellites pour Copernicus

« Thales Alenia Space a connu des années un peu difficiles depuis 2015 mais nous avons eu de bonnes nouvelles depuis le début de l’année avec l’équivalent de 2 milliards d’euros d’appel d’offre et l’annonce du contrat européen Copernicus. »

Thales Alenia Space sera en effet le maître d'œuvre ou fournisseur de la charge utile de 5 des 6 futurs satellites d'observation de la terre Copernicus qui fournit des données d'observation de la Terre pour la protection de l'environnement, la surveillance du climat ou l'évaluation des catastrophes naturelles.

Le webinaire du 17 septembre 2020 a également été l’occasion de donner la parole aux acteurs de référence de l’IA à Toulouse


Nicolas Viallet, directeur opérationnel d’ANITI :

« L’institut interdisciplinaire d’intelligence artificielle travaille sur trois grands volets : la recherche (avec plus de 200 chercheurs et chercheuses), le développement économique (avec une cinquantaine de partenaires économiques et industriels) et le volet formation qui constitue une perspective importante de cette rentrée 2020. Nous accueillons 10 étudiants en master qui bénéficient d’une bourse ANITI ainsi que de nombreux doctorants qui intègrent les équipes de recherche. Nous allons aussi avoir le plaisir d’accueillir à Toulouse, dans un mois, nos financeurs gouvernementaux : l’Agence nationale de la recherche (ANR) ainsi que les coordinateurs du plan national pour l’IA. »

Philippe Coste, coordinateur du projet Toulouse is IA et directeur des relations extérieures d’At Home :

« Nous venons de créer une cartographie de l’écosystème IA/Data des TPE et PME toulousaines. Ce projet, réalisé collaboration avec Aqsone et avec le soutien du Pôle Aerospace Valley et de La Région Occitanie, a permis de référencer plus de 70 petites et moyennes entreprises locales qui se spécialisent dans les solutions IA et data. Par ailleurs, parce qu’une tempête s’abat sur notre économie et parce que plusieurs entreprises sont malheureusement déjà contraintes de se séparer de profils remarquables,  nous débutons une nouvelle initiative de mise en relation de profils qualifiés IA/DATA avec les entreprises de notre écosystème sur le site www.toulouseisai . »

François-Marie Lesaffre, chargé de mission data et IA pour Aerospace Valley et également chargé du nouvel écosystème d’excellence « Economie de la Donnée et l’intelligence artificielle » : 

« L’événement Future Intelligence, qui devait se tenir cet automne à Toulouse est reporté. Les trois jours de tables rondes et de débats autour de l’intelligence artificielle se tiendront finalement au printemps 2021 afin d’assurer la santé des acteurs présents. L’objectif de Future Intelligence est de se faire rencontrer des acteurs de l’innovation dans les technologies de la donnée et de la connaissance autour de 13 tables rondes où débattront industriels, académiques et institutionnels. L’IA sera au cœur de ces discussions qui lieront des questions de stratégie, de souveraineté, d’efficacité opérationnelle, de risques… Cédric Villani fait partie des invités très attendus lors de l’événement. Ce sera l’occasion de faire le point sur le plan « AI for Humanity » trois ans après son lancement. »


Retrouvez ici l'intégralité du webinaire https://www.youtube.com/watch?v=j15c8nN_ySQ


Emmanuelle Durand-Rodriguez avec Paula Boher

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