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EasyMile va coordonner un consortium européen pour le transport autonome de marchandises


Alors qu’EasyMile s’apprête, en 2021, à déployer son service commercial de véhicules autonomes, la Commission européenne lui confie la coordination d’un consortium de recherche soutenu à hauteur de 20 millions d’euros. La technologie d’EasyMile qui se concentre autour de la robotique, de la vision par ordinateur et de l’intelligence artificielle voit ses performances reconnues. Interview de Benoît Perrin, directeur général d'EasyMile.



Quel est le rôle d’EasyMile dans le consortium européen pour des camions autonomes ?

EasyMile est chef de file du consortium qui regroupe 29 partenaires dans l’objectif de concevoir et de démontrer la faisabilité du transport de marchandises via des camions autonomes y compris dans des conditions météo difficiles. Les camions autonomes peuvent améliorer la sécurité et l'efficacité du transport de marchandises dans des opérations de fret à grande échelle. Nous allons travailler notamment sur des opérations logistiques dans des zones confinées et dans un contexte de trafic mixte (hub-to-hub). À nous de démontrer la plus-value de cette technologie ainsi que le pertinence des futurs modèles économiques basées sur l'automatisation des opérations de logistiques. Le projet, qui vient de se voir accorder une subvention de 20 millions d’euros par la Commission européenne, va commencer en 2021 pour une durée de trois ans. Le projet est baptisé AWARD pour « All Weather Autonomous Real logistics operations and Demonstrations ».


Qui sont les membres du consortium ?

Sur ce projet nous allons travailler avec des constructeurs de poids lourds, des fournisseurs de technologies de conduite automatisée (Continental, Adasky, Navtech Radar, Foresight), des spécialistes de la gestion de flotte intelligente, des organismes de recherche et des opérateurs logistiques d’usines, d’entrepôts, de ports et aéroports qui sont par ailleurs nos clients. Ce projet est très important pour EasyMile qui voit son expertise confirmée puisque l’entreprise fournira son logiciel sans conducteur développé depuis la création de l’entreprise en 2014.


Où en est le développement des services de véhicule autonome d’EasyMile ?

Nous sommes en phase de finalisation du développement technique de nos logiciels. Malgré la crise Covid nous avons bien avancé notre activité de tests cette année. Au total, la technologie a été testée dans plus de 300 sites et plus 30 pays et notre objectif est désormais de déployer réellement ce service à l'échelle. Un certain nombre de nos pilotes en cours va se transformer en services commerciaux d’ici à la fin 2021.


Quel est le premier véhicule autonome qu’EasyMile prévoit de mettre sur le marché ?

Ce sera TractEasy, tracteur logistique qui permet la manutention autonome de matériaux par exemple le transport des pièces dans les usines ou dans les centres logistiques ou le transport de bagages dans les aéroports. Un certain nombre de pilotes vont se transformer en services commerciaux d’ici à fin 2021. Ce sera le cas dans les aéroports de Tokyo, Londres et aux États-Unis ainsi qu’au sein de l’usine PSA de Sochaux.

Quels sont les objectifs d’EasyMile ?

Notre objectif est l’autonomisation complète des véhicules et leur conduite sans conducteur. Nous sommes pour l’instant focalisés sur le transport des passagers sur le premier et le dernier kilomètre à des vitesses en-dessous de 30 km ainsi que sur le transport logistique, en usine, en aéroport ou sur sites privés. Au niveau mondial, le marché du transport autonome est très concurrentiel mais notre positionnement (transport public et logistique industrielle sur le premier et le dernier kilomètre) nous permet d’être assez uniques. Les américains et les chinois sont ainsi davantage positionnés sur le marché des véhicules particuliers ou des camions longue distance. De notre côté, ous ne sommes pas intéressés par les voitures privées. Mais en dehors de cela, le marché est énorme et notre objectif est d'en prendre une grande partie. Nous sommes en bonne voie pour cela.


Quels sont vos défis majeurs ?

Nous nous concentrons sur des cas d’usages relativement simples, même s’ils constituent de grands défis technologiques et représentent un vrai marché à court terme. Même si nous nous concentrons sur des véhicules qui roulent aujourd’hui à moins de 30 km/h, nous élargirons à l’avenir les domaines d’usage et prévoyons de passer sur des vitesses et des distances plus importantes. Nous avons par exemple de très fortes demande pour du transport en milieu rural. Pour transporter des personnes âgées ou à mobilité réduite depuis leur lieu de résidence jusqu’au centre village, nous devrons emprunter des routes départementales et nous viserons alors des vitesses autour de 50 km/h. Ce ne sera pas avant 2025.

D’ici là, nos défis concernent à la fois l’exigence de sécurité et la performance de conduite. Les niveaux de sécurité sont extrêmement élevés, comparables à ceux des secteurs ferroviaires ou de l’aviation et doivent être élevés et démontrables. Un de nos défis est l’explicabilité et la certification des dispositifs d’intelligence artificielle à bord de nos véhicules. C’est un défi que nous partageons avec les équipes de recherche d’Aniti même si aujourd’hui les dispositifs IA de nos véhicules ne contribuent pas aux outils de sécurité.


Sur quelles technologies repose la proposition d’EasyMile ?

La technologie d’EasyMile se concentre donc autour de la robotique, de la vision par ordinateur, de la dynamique des véhicules et intègre des dispositifs d’intelligence artificielle. Notre stratégie est celle d’une entreprise de logiciel c’est-à-dire que nous ne fabriquons pas de véhicules. Nous travaillons avec des fabricants par exemple

Ligier Group qui a développé, pour le compte d’EasyMile, la navette autonome 100% électrique, EZ10. Celle-ci est destinée au transport de personnes, de marchandises ou à la logistique sur de courtes distances, ce qu’on appelle le transport du « dernier kilomètre ». Ce véhicule autonome qui n’a pas de conducteur à bord peut transporter jusqu’à 15 personnes sur une trajet initialement programmé. EZ10 est équipée de nombreux capteurs (lidars, caméras, GPS, IMU, odométrie) et se déplace sur une zone déterminée et pré-cartographiée. Le trajet est prédéfini ; il est enregistré puis les deux caméras embarquées et les lasers reliés à l'ordinateur de bord analysent le chemin et permettent au véhicule électrique EZ10 de se localiser précisément et de se déplacer sans chauffeur.


L’entreprise continue-t-elle à recruter ?

Oui. Nous avions 60 employés à la fin de 2017 ; aujourd'hui nous sommes 240 et nous continuons à recruter. L’entreprise est implantée à Toulouse (siège social et R&D). Nous avons également une équipe R&D à Singapour et des bureaux locaux à Singapour, Denver, Berlin et Adélaïde. Même si notre marché est mondial (90% de nos clients et de nos ventes sont hors de France), notre croissance rapide montre que notre implantation à Toulouse fonctionne !



Propos recueillis par Emmanuelle Durand-Rodriguez

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