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Portrait #4 : Selfcity la startup qui mise sur les données pour renouveler le dépannage en plomberie

Mis à jour : sept. 17


Née il y a un an à Toulouse, Selfcity montre que l’automatisation et l’usage des données peuvent améliorer et même complètement changer une activité traditionnelle. Proposant des services de dépannage en plomberie, la startup prévoit de lever des fonds pour accélérer sa croissance et s’implanter à Paris. Interview de ses deux fondateurs Chérif Mili et Maxime Pawlak.



Comment est née Selfcity ?

Nous avons lancé Selfcity il y a un an avec l’envie de changer complètement les services de plomberie dans une ville. Au départ, c’est une mauvaise expérience qui a tout déclenché. Quand on doit poser deux demi-journées de congés pour faire réparer sa douche et qu’à chaque fois on a attend deux fois en vain l’arrivée d’un plombier, ça énerve ! Nous étions alors consultants et nous avons décidé de lancer Selfcity. Notre idée était de renverser le rapport de force en faveur du client et de déployer des solutions digitales qui nous permettraient de rendre un meilleur service. La frustration que l’on ressent face à des artisans omnipotents et chers est universelle et nous sommes en train de construire une vraie alternative. Le marché est énorme.

Que propose Selfcity ?

Nous nous positionnons sur une innovation technologique et de process. Nous proposons un service adapté aux demandes des clients, c’est-à-dire fiable et efficace et avec des tarifs en moyenne en dessous des prix du marché. Nous améliorons le service et l’optimisons grâce à la data. Avec deux plateformes que nous avons développées (Furet et Volt), nous optimisons tout ce qui peut l’être : les trajets de nos plombiers dans la ville, le matériel nécessaire aux interventions, le temps d’attente des clients, etc. En parallèle, nous facilitons le travail de notre service de support qui gère la relation client et les missions des plombiers.

Par ailleurs, notre vision du service de plomberie est globale, avec une activité la moins impactante et la moins polluante possible sur la ville. Nous utilisons des véhicules électriques, des scooters électrique et même très bientôt des tricycles.


Qu’attendez-vous de l’utilisation des donnés pour l’activité de Selfcity ?

Nous nous projetons dans une activité où nous automatiserons davantage d’actions comme par exemple l’automatisation des diagnostics ou même la prévision des pannes. A l’échelle d’une ville, le nombre de pannes va en effet dépendre des moments de l’année et de la météo. L’intensité d’utilisation des équipements et le froid vont en effet générer un plus fort risque de pannes. Or si nous arrivons à modéliser cela, nous parvenons à anticiper les stocks d’outils et de matériels, à gérer les plannings de nos plombiers ou à augmenter le taux de réparation au premier déplacement. Pour cela nous avons besoin de collecter beaucoup de données et de les structurer pour les rendre utilisables. C’est notre principal défi : traduire un monde complexe et le faire entrer dans des catégories binaires et interprétables.


Utilisez-vous des solutions d’intelligence artificielle ?

Pour entraîner une intelligence artificielle, ce que nous visons à terme, il faut disposer d’une masse énorme de données. Nous travaillons aujourd’hui à générer de la donnée (au cours de chacune de nos interventions) et nous prévoyons d’utiliser une IA à partir de 2023.


Quelles sont les prochaines étapes du développement de l’entreprise ?

Pour l’instant nous avons lancé l’entreprise sur nos fonds propres et grâce des prêts d’honneur personnels. Mais nos ambitions sont grandes et nous nous préparons actuellement une levée de fonds. Nous visons 1 million d’euros, ce qui nous permettrait de renforcer la tech et d’accélérer la digitalisation puisque notre objectif est de digitaliser de bout en bout. Nous voulons aussi grandir à Toulouse et nous implanter à Paris en septembre 2021, puis, à terme, l'Europe et pourquoi pas l'Afrique.


Comment votre initiative est-elle reçue par les plombiers ?

Nous n’avons aucune difficulté à recruter des plombiers. Non seulement nous les payons en moyenne entre 100 et 200 € de plus que nos concurrents mais nous les intégrons dans un univers qui n’a rien à voir avec l’univers traditionnel de la plomberie. Dégagés, grâce au numérique, de toutes les tâches administratives, ils peuvent se consacrer à ce qu’ils adorent : la plomberie ! C’est traditionnellement un secteur où le management peut être très dur et nous leur proposons d’entrer dans une entreprise très orientée tech mais fondamentalement basée sur l’humain. Nous voyons Selfcity chouchouter ses techniciens un peu comme Google l’a fait avec ses développeurs au début de sa croissance.



Propos recueillis par Emmanuelle Durand-Rodriguez

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