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Portrait #8 : Alteia, l’entreprise qui développe l’intelligence visuelle pour l’industrie


Avec une plateforme combinant la vision par ordinateur et les technologies d’intelligence artificielle, l’entreprise vise une croissance mondiale, convaincue que les données visuelles sont aujourd’hui une ressource inexploitée. Interview de Michael de Lagarde, CEO d’Alteia.



Quelles sont les caractéristiques de la plateforme d’Alteia ?

Il s’agit qu’une plateforme créée en 2013 par Delair, l’entreprise leader sur le marché des drones professionnels que j’ai co-créée en 2011. La plateforme permet de numériser les infrastructures industrielles grâce à des outils de collecte et d’analyse de données visuelles basés sur l’intelligence artificielle. Il y a quelques semaines, actant la forte croissance de cette activité d’intelligence visuelle et du besoin croissant de l’industrie de disposer de données visuelles exploitables, Delair a séparé ses activités drones et logicielles. L’activité d’intelligence visuelle a été transférée vers une nouvelle entreprise baptisée Alteia dont les ambitions sont une croissance exponentielle avec un doublement du chiffre d’affaires chaque année.


Qui sont les clients d’Alteia ?

Aujourd’hui nous nous adressons en particulier à quatre verticales métiers : l’énergie et les infrastructures des réseaux électriques, la construction, l’agriculture, enfin les mines et carrières. Dans un contexte de profonde transformation digitale et de révolution industrielle 4.0, la maîtrise de la donnée visuelle est fondamentale pour digitaliser le réel, créer des modèles prédictifs, ouvrir la voie à une automatisation complète des opérations ou automatiser les tâches d’inspection grâce au big data et à l’intelligence artificielle. Par exemple, nous permettons aux fournisseurs d’énergie (Enedis et RTE en France, Duke Energy et General Eletric aux Etats-Unis) d’optimiser les opérations d’inspection des lignes électriques et de réduire leurs coûts. Il s’agit d’automatiser l’inspection visuelle des infrastructures, de réaliser la gestion prédictive de la végétation à l’abord des lignes et d’élaborer par exemple des programmes d’élagage qui évaluent les risques et priorisent les tâches. Avec les algorithmes d’IA, chaque composant d’une ligne électrique peut aussi être entièrement inspecté ce qui représente un gain de temps allant jusqu’à 80% par rapport à l’inspection manuelle. Dans le domaine de l’agriculture, Alteia travaille avec de grandes entreprises comme Syngenta, Limagrain, Forestry Club de France ou BASF dont les centres de recherche utilisent la plateforme pour les opérations de notations et de caractérisation des cultures.

Quels sont les défis technologiques à résoudre pour des services d’intelligence visuelle ?

Actuellement les données visuelles sont générées de façon massive et sont très hétérogènes car elles proviennent aussi bien des smartphones, que des caméras, des drones, des images satellites ou des relevés de télédétection Lidar dont l’acquisition de données est généralement faite par hélicoptère. Elles sont donc difficiles à interpréter car elles ne « parlent » pas ensemble. Notre plateforme permet d’abord de regrouper toutes les données visuelles de l’entreprise, de créer une base de données et de les rendre facilement consultables et partageable via le cloud. Mais au-delà de cette phase, et c’est ici qu’entre en jeu l’intelligence artificielle, la plateforme créé un jumeau numérique qui représente l’état exact d’une installation industrielle et qui décrit son comportement. Les collaborateurs de l’entreprises accèdent à ce jumeau numérique via un visualiseur 2D/3D ce qui permet d’exécuter les analyses prévues sans être sur place. La plateforme permet enfin de de bâtir des modèles prédictifs et d’anticiper par exemple le comportements des infrastructures industrielles.

Notre défi est donc d’être toujours plus performants en intelligence artificielle avec des algorithmes de plus en plus précis, de fournir un outil de plus en plus rapide et scalable et de développer de nouveaux outils. Nous avons une feuille de route techno bien remplie pour les prochaines années !


Quels partenariats scientifiques développez-vous ?

Nous avons beaucoup de collaborations avec l’écosystème académique, français en particulier, et de nombreux projets communs avec par exemple l’Inria (une thèse en machine vision), l' Inra (le projet Precidrone), le Laas, Arvalis - Institut du végétal, Terres Inovia, l’Onera (une thèse en machine learning) et les partenaires du projet Drones4Safety. Nous avons aussi des partenariats de long terme avec l'Isae-Supaero et l'Enac ainsi que des partenariats industriels avec Enedis, GE, BASF, Lafarge, Forestry Club de France et Technip.


Quelles sont les compétences et domaines de spécialités des 65 salariés d’Alteia ?

Alteia compte une grosse équipe de développement, pluridisciplinaire, avec de nombreux data scientists, des développeurs back-end et front-end ainsi que des spécialistes des interfaces graphiques puisque l’outil qui doit être ergonomique et facile à utiliser. Nous avons aussi toute une équipe de project managers et de project owners qui spécifient les demandes des clients et qui ensuite s’assurent que les développeurs réalisent les caractéristiques attendues. Et puis bien sûr une équipe de commerciaux et des fonctions de support.



Propos recueillis par Emmanuelle Durand-Rodriguez

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